Un effort inspiratoire du patient trop faible pour être détecté par la machine : une déflexion (« delta ») apparaît sur le débit, mais aucune insufflation n'est délivrée (pas d'IPAP). La confirmation vraie nécessite les sangles thoraco-abdominales (ou une manométrie œsophagienne, réservée à la recherche). Fréquent en BPCO hyperinflé (auto-PEP).
Ce qu'on corrige, dans l'ordre
FuitesCorriger d'abord les fuites non intentionnellesLes fuites sont une cause majeure d'efforts non récompensés ; rien ne se règle tant qu'elles persistent.
EPAP↑Si piégeage / auto-PEP (BPCO) : majorer l'EPAP fixe (ou minimale)L'EPAP contre l'auto-PEP et abaisse le seuil de déclenchement. En état stable, une EPAP de 6–8 cmH₂O suffit souvent chez le BPCO ; en décompensation, parfois bien plus.
Trigger↑Sinon (ou si insuffisant) : augmenter la sensibilité du trigger inspiratoire, jusqu'à « très haut »Rend le déclenchement accessible à un effort faible → résout la majorité des ENR. La sensibilité maximale varie d'une machine à l'autre : parfois il faut changer de machine.
⚠️ Chez le patient neuromusculaire (Duchenne, SLA…), ne pas augmenter l'EPAP pour traiter les ENR : ici l'effort non récompensé reflète une force inspiratoire abaissée, pas une auto-PEP. Et si le patient n'est pas gêné et que la capnie est contrôlée, il n'est pas indispensable de tout corriger — le « mieux » est parfois l'ennemi du « bien ».
Dr Guillaume Beyrend-FrizonMédecin en Suisse, MD-PhD. Ses outils de garde, ses formations et ses articles au même endroit.beyrend-frizon.com →
Courbes : Gonzalez-Bermejo J. et al., Thorax 2019. Vrais tracés : rapports de ventilateurs de domicile (données dé-identifiées).
Aide à la décision, ne remplace pas le jugement clinique. Conçu par le Dr Guillaume Beyrend-Frizon, en collaboration avec le GHOL.